Épisode 32 · · par Franco Huard

Sous le Bandeau #32 – 150 Ans de la Grande Loge du Québec

Télécharger l'audio (MP3)

Pour la première fois, la Grande Loge du Québec ouvrait tout grand les portes de son temple de la rue Sherbrooke, et Sous le Bandeau y était — aux premières loges, littéralement. Franco et son équipe ont posé leurs micros au cœur d’un édifice chargé de près d’un siècle d’histoire maçonnique pour capter, en direct, une journée portes ouvertes hors du commun : celle du 150e anniversaire de la Grande Loge du Québec.

Une première historique dans le grand temple

Construit à la fin des années 1920, l’immeuble du 1840, rue Sherbrooke Ouest fut pensé dès l’origine comme un grand pavillon maçonnique, avec cinéma et salle de quilles au sous-sol, à l’époque des grandes heures de la fraternité. Aujourd’hui, les effectifs ont fondu : la Grande Loge du Québec compte entre 3 200 et 4 000 membres répartis dans 74 loges, et plusieurs étages ont dû être loués pour entretenir la bâtisse. L’équipe a eu droit à une visite guidée par le frère Cédric, responsable des communications de l’obédience, qui a raconté ce patrimoine et expliqué ce qu’est une « tenue blanche », cette cérémonie ouverte au public qui donne un aperçu du rituel sans en dévoiler les secrets.

Le simple fait que Sous le Bandeau — dont les animateurs pratiquent une maçonnerie libérale et mixte, dite « irrégulière » du point de vue anglo-saxon — soit invité à diffuser depuis ce temple relève de l’inédit. Toute la journée, l’idée d’un rapprochement entre les familles maçonniques a plané sur les entretiens.

Georges Laraque : faire tomber les préjugés

Premier invité de marque, Georges Laraque s’est confié sur son parcours. Avant d’être initié, il imaginait le pire — sacrifices, Illuminati, scénarios à la Dan Brown. Un message Facebook du frère Marc Morneau, reçu après un geste héroïque au parc Jeanne-Mance, a tout déclenché. Trois ans plus tard, l’ex-hockeyeur devenu végane s’implique à fond, notamment auprès des hôpitaux Shriners qui offrent des soins gratuits aux enfants. Mais il n’a pas mâché ses mots sur ce qu’il aime le moins dans la maçonnerie régulière :

« Il n’y a aucun bon sens qu’aujourd’hui les femmes soient exclues. »

— Georges Laraque

Plutôt que de créer des loges non reconnues, plaide-t-il, mieux vaut travailler de l’intérieur à faire évoluer les mentalités des plus anciens, pour que le changement, un jour, soit officiel et durable.

Le Grand Maître Marc C. David et les 150 ans

Point culminant de l’émission : l’entretien avec Marc C. David, Grand Maître de la Grande Loge du Québec. Maçon depuis 29 ans et en poste depuis cinq mois seulement, il a détaillé le programme du 150e : une communication annuelle tenue au Château Vaudreuil devant quelque 400 participants, et surtout une grande exposition sur la franc-maçonnerie au Musée des cultures à Nicolet, qui attire déjà plus de 1 500 visiteurs par mois.

« Le but, c’était vraiment de pouvoir démystifier un peu notre ordre et permettre aux gens de nous connaître. »

— Marc C. David

Il a aussi abordé le nerf de la guerre : attirer les jeunes, mieux former les frères et soigner les relations avec la communauté, trois piliers d’un plan quinquennal assumé.

Une galaxie paramaçonnique

La journée a permis de découvrir tout l’écosystème qui gravite autour de la loge. Donald Leblanc et la lady Annie Clavette ont présenté les Widow’s Sons, ces motards maçons qui multiplient les randonnées caritatives — dont une, cette année, dédiée à un frère vétéran et couronnée d’un don à un organisme d’aide au stress post-traumatique. Heather Herridge a fait connaître les Daughters of the Nile, organisation féminine centenaire qui a versé des dizaines de millions de dollars aux hôpitaux Shriners. Et le noble Karim Issa a raconté comment sa fille, soignée gratuitement à l’hôpital Shriners de Montréal, l’a mené vers cette fraternité vouée aux enfants — avec ses clowns, ses cornemuseurs et ses parades.

Fraude, histoire et fraternité universelle

L’émission a aussi pris des chemins de traverse. Sylvain, qui travaille dans le domaine de la fraude, a décortiqué les fausses obédiences et les faux frères qui infiltrent le milieu, à l’image d’un site africain usurpant l’identité d’une grande loge et bâtissant sa crédibilité sur celle des autres. Le frère Thibault a fait voyager tout le monde aux origines du mouvement, livre en main : « 1717, l’histoire volée des francs-maçons » d’Éric Kervella. Enfin, joint par téléphone, Raymond Nadeau a présenté la Fretbook, un réseau né après les attentats de Bruxelles de 2015 pour relier les francs-maçons du monde entier. De quoi donner tout son sens au vœu répété tout au long de la journée : réunir ce qui était épars.

Chapitres

Sujets : Grande Loge du Québec · franc-maçonnerie · Podcasts

Soutenir l'émission

Passez derrière le bandeau

Sous le Bandeau vit grâce à ses membres. Sur Patreon, accédez aux contenus exclusifs et aux coulisses — et gardez le podcast libre, sans compromis et sans pub.