Épisode 61 · · par Franco Huard

Sous le Bandeau #61 – L’éthique

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Après plus de deux mois de silence sur les ondes, Franco retrouve enfin Sylvain et Claudia au studio de Radio Delta — le temps d’une longue tournée maçonnique qui l’a mené de Lisbonne à Londres. Et l’émission s’ouvre sur une drôle de synchronicité : trois personnes ont convergé, chacune de leur côté, vers le même sujet. Un livre reçu à Paris, un rêve de Sylvain, un choix de Claudia… et voilà que « l’éthique » s’impose comme thème du jour. « Je pense qu’on était dû pour parler de ce sujet-là », résume Claudia.

Deux mois d’absence, des vlogues et une année bien remplie

Avant d’entrer dans le vif, place aux nouvelles. Franco raconte sa « tournée mondiale » : le congrès du CLIPSAS à Lisbonne, puis Paris, Tours, Bordeaux et Londres — sans oublier un détour par le Mexique. Deux vlogues sont déjà sortis, dont celui sur le CLIPSAS qui frôle les 10 000 vues, et d’autres suivront. Le prochain congrès, lui, aura lieu à Istanbul.

De son côté, Claudia dresse le bilan d’une première année comme Vénérable Maître : élue, installée, puis devenue mère en cours de mandat. Une année « de nouveauté » où ses officières ont pris du galon pendant son absence. Sylvain, lui, a œuvré à l’intégration de nouvelles loges et au maintien de l’unité fraternelle malgré les fractures laissées par la pandémie — vaccinés et non-vaccinés étant restés unis « sans se juger ». Le trio invite d’ailleurs les auditeurs à profiter de l’été pour faire leur propre rétrospective maçonnique, avant d’annoncer deux soirées d’information, dont une plus ambitieuse au Centre Saint-Pierre, à Montréal.

Qu’est-ce que l’éthique?

Le déclencheur de l’épisode, c’est le livre du frère Josselin Morand, « Éthique et franc-maçonnerie », reçu par Franco lors de son passage en France. Point de départ : l’éthique vient du grec ethos, « manière de vivre » ; c’est la branche de la philosophie qui examine la conduite humaine et ce qui est « moralement bien ou mal, juste ou injuste ».

Pour Sylvain, le sujet touche directement la vie des loges : là où l’éthique devient « élastique », la corruption et la collusion s’installent, les frères et sœurs quittent, et la loge finit par se déliter — comme le Temple de Salomon, détruit chaque fois que la corruption s’y est glissée. Claudia, elle, y voit d’abord un outil de discernement intérieur.

« L’éthique, c’est ce qui nous permet de distinguer le bon grain de l’ivraie : d’élever des temples à la vertu et de creuser des cachots pour les vices. »

— Claudia

Les stades moraux de Kohlberg

Sylvain avait proposé, avant l’émission, de convoquer Lawrence Kohlberg et sa théorie du développement moral. L’idée : chacun franchit des stades successifs et irréversibles, du préconventionnel (la punition-récompense de l’enfant) au postconventionnel (les droits universels), avec un ultime stade « mystique » ajouté sur le tard. Le panel y voit un parallèle saisissant avec la maçonnerie : le serment de respecter les lois de son pays place d’emblée le maçon au stade 4, sans garantir qu’il l’habite vraiment. Car les degrés ne suivent pas toujours la conscience — on peut être haut gradé et agir en deçà. D’où l’importance de l’intention : « fais ce que dois, advienne que pourra ».

Manipulation, collusion et politique

Sylvain enchaîne avec des exemples concrets tirés de son métier et de la vie associative : une tentative de collusion pour bloquer une nomination à un conseil d’administration, des « bonnes actions » qui cachent une dette à réclamer plus tard, le crime organisé qui piège ses cibles pour les rendre redevables. Sa mise en garde : face à un enjeu éthique, il faut prendre position et rester « non négociable », sous peine de devenir complice malgré soi. Claudia rebondit sur deux outils maçonniques : le don anonyme, qui empêche d’attendre un retour, et le niveau, qui rappelle l’égalité entre les êtres. Le même mécanisme, notent-ils, gangrène la politique, où la peur du chantage transforme de bonnes intentions en fidélité forcée à la ligne du parti.

Éthique collective, information et peur

Peut-on parler d’une éthique collective — celle d’un Québec, d’un Canada, d’un pays? Pour Claudia, tout part de l’éducation et de la liberté de penser, « affranchie de tout dogme ». Quand des valeurs divergent, la confrontation guette, alimentée par la manipulation de masse et la guerre de l’information — le journalisme étant devenu, dit-elle, un pilier décisif des conflits modernes. Sylvain propose un baromètre plus simple : la peur. C’est elle qui fait tomber l’éthique et ouvre la porte à l’« ingénierie sociale ». Il illustre le propos avec l’histoire d’Edward Bernays qui, dans les années 1930, a fait passer le « bacon et œufs » pour un déjeuner santé grâce à une fausse caution médicale — la fameuse « fraude du bacon ».

Mots de la fin : rester sur la voie

En conclusion, Claudia dénombre huit piliers — liberté de penser, remise en question, développement personnel, éducation, fraternité, honnêteté avec soi et connaissance de soi. Sylvain, citant le Prologue de saint Jean (« la lumière brille dans les ténèbres »), rappelle que transgresser son éthique, c’est faire « un pas vers les ténèbres » : un choix irréversible entre évolution et involution. Franco, lui, y voit un travail permanent sur sa pierre brute.

« L’éthique, c’est le garde-fou sur la route maçonnique : elle nous permet de rester sur la bonne voie. »

— Sylvain

Chapitres

Sujets : Franc-maçonnerie · CLIPSAS · Podcasts

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